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La Souffrance du Médecin (1)

La Souffrance du Médecin (1)

Ecouter les médecins en souffrance : nécessités, complexités, enseignements…….et perspectives


Dr Eric GALAM       egalam@hotmail.com
Association d’Aide Professionnelle aux Médecins Libéraux (AAPML)
Département de Médecine Générale     Faculté Paris Diderot

Colloque : La souffrance du médecin CROM et CDOM Rhônes-Alpes Lyon 25 mars 2010

• La prise en charge des médecins en difficulté psychologique dans l'exercice de leur profession est désormais incontournable.

• Elle s'appuie sur la reconnaissance du médecin en tant que personne impliquée dans les soins qu'il prodigue à ses patients.

L'Epidémiologie du burn out est  inquiétante  et montre
- un fort taux d'épuisement émotionnel chez 43% des médecins libéraux, un fort taux de dépersonnalisation chez 40% d'entre eux et une baisse de l'accomplissement personnel pour 33%.(Truchot de 2001 à 2004)
- un risque relatif de suicide  de 2,37 (Léopold  2003)
- 53 % des médecins menacés en Ile de France  (Galam 2006)
- une épidémiologie européenne pays dépendante   (EGPRN : Soler 2004)

• Cette situation est complexe d'autant que les obstacles à la demande comme à la dispensation de l'aide sont nombreux

• Les réponses doivent si situer simultanément à plusieurs niveaux 
Réponses personnelles : prendre soin de soi 
Réponses culturelles : lever tabous et ambiguïtés
Réponses collectives : prendre soin des confrères à l'aide de mesures
1) institutionnelles  et 2) professionnelles

• L'expérience de l'Association d'Aide Professionnelle aux Médecins Libéraux (AAPML) qui a mis au point depuis juin 2005 une plate forme d'écoute téléphonique (0826 004 580) dédiée aux médecins et disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 est riche d'enseignements

• Ce dispositif a recueilli plus de 600 appels et couvre actuellement près de 50 000 médecins libéraux en France.  Il devrait être prochainement étendu à tout le territoire et aux soignants non médecin

• Il  est utile aux médecins et à la profession et et a largement contribué à sortir la souffrance des médecins du déni

• Il devrait  être pérennisé par un soutien institutionnel

• Il est une porte d’entrée visible et facile vers les autres dispositifs nécessaires

• Il doit s’inscrire dans une constellation soignante

• La mise en place de structures dédiées et d'un réseau de soignants de soignants formés et accompagnés est également indispensable

• Dépistage, prévention, prise en charge et accompagnement  devraient être développés et axés sur la santé du médecin mais aussi son organisation professionnelle.

 

 

Le Contrat Thérapeutique en Catalogne

Dr. Antoni Arteman Jané. Fondation Galatea. 

En Catalogne, le Contrat Thérapeutique (CT) est un instrument utilisé par les médecins thérapeutes (MT) du Programme d’Attention Intégrale au Médecin Malade (PAIMM) lorsqu’ils traitent certains cas de médecins malades (MM). Ce contrat est spécialement adressé aux cas d’inaccomplissement thérapeutique ayant un possible risque pour la santé des patients du MM, à cause du risque d’une mauvaise pratique de la médecine.

 

Le PAIMM fut créé en 1998 par l’Ordre des Médecins de Barcelone (OMB) avec le support du Conseil des Ordres des Médecins de Catalogne et cofinancé par le gouvernement de la Generalitat de Catalogne. En Catalogne, un MM est celui dont l’exercice professionnel peut être affecté par un trouble mental et/ou une addiction à l’alcool et/ou à d’autres drogues, y compris les médicaments psychoactifs. Le Conseil des Ordres des Médecins de Catalogne a pour but assurer un bonne pratique professionnelle de la part des médecins. Le Code de Déontologie des Médecins de Catalogne dispose de deux articles pour faire face aux situations de MM.

 

Les caractéristiques du PAIMM sont : la plus stricte confidentialité des MM admis, des ressources spécifiques pour ces cas et la gratuité des services pour le MM en exercice. Sa philosophie n’est pas celle de punir mais plutôt celle d’aider et de récupérer de bons médecins. Les voies d’accès au PAIMM peuvent être : demande volontaire spontanée (DVS), demande volontaire induite (DVI), communication confidentielle (CC) ou plainte formelle (PF).

 

Le CT est un reflet documentaire du compromis thérapeutique entre les signataires, le MT et le MM, et parfois aussi l’OM afin d’assurer le suivi institutionnel du procès thérapeutique de certains cas. Le CT est nécessaire lorsqu’il y a un risque élevé de mauvaise pratique de la médecine, lorsque le médecin nie ou minimise son problème et lors de situations de rechutes fréquentes avec une tendance négative du procès. Le CT s’appliquera seulement si la voie d’accès se fait par DVI, CC ou PF. De même, il est préférable que les MT se servent du CT lors des cas de MM ayant des addictions aux substances toxiques et certains types de troubles mentaux.

 

Les caractéristiques du CT avec intervention de l’OM sont : durée de 6 mois à 1 an (à la fin de la période, ceux-ci peuvent être rénovés ou terminés), signature avec nom et prénom réels,  le MT doit informer régulièrement l’OM du procès thérapeutique, l’on ne peut pas donner l’exeat si l’on n’est pas sûrs de la réhabilitation du MM, il existe une clause qui permet d’inhabiliter le médecin pour la pratique professionnelle s’il existe inaccomplissement.

 

Le PAIMM a admis 1.217 MM de Catalogne depuis 1998, dont 72 (6%) ont signé 129 CT avec l’OM. Les conclusions de cette action sont :

 

1. La voie d’accès principale est la DVS (84%), même si celle des MM avec CT est la DVI (43,1%).

 

2. Les MM hommes signent 5,5 fois plus de CT que les MM femmes.

 

3. La plupart des MM signataires de CT sont âgés de 41  à 55 ans.

 

4. 3 CT sur 4 incluent la présence d’un tuteur choisi par le MM, qui n’en supervise que l’attitude et la conduite lors du procès.

 

5. 37,5%  des patients ont signé plus d’un contrat et 12,5% ont eu besoin de plus de 2 CT

 

6. 73% des CT ont été utilisés à cause de problèmes d’addiction aux substances.

 

7. 1 CT sur 3 est signé par un médecin de famille. Cependant, ce sont psychiatres, gynécologues, et anesthésistes qui représentent un pourcentage relatif supérieur au total de médecins malades de leur spécialité

 

8. 71,3 % des MM avec CT travaillent de nos jours de façon satisfaisante et sans risque pour leurs patients

 

En Catalogne, le CT a donc été un instrument de contrôle efficace pour l’attention de MM difficiles et pour la prévention de mauvaises pratiques de la médecine.

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